Les 5 degrés de la foi

le 26 Avril 2019 par Christian Tanon

Deux années d’expérience à l’Escale m’ont conduit à la réflexion suivante :

Il est possible de parler de « degrés de la foi », au sens large.

J’ai des amis chrétiens, des amis juifs, des amis agnostiques et même des amis athées. Discuter avec chacun est toujours intéressant, car cela m’aide à comprendre la logique de celui qui ne croit pas comme moi.
Et toi, ami lecteur, te considères-tu comme chrétien ? agnostique, athée ? Je te propose une typologie nécessairement trop simpliste, en cinq degrés de la foi. Je penses que tu n’auras aucun mal à te positionner sur cette « échelle ». Ce n’est pas une échelle du mérite, ni de la vertu mais une échelle de l’intimité consciente avec le Dieu d’amour.

degres de la foi

Les cinq degrés de la foi sont les suivants :

Degré zéro : l’athéisme. Dieu n’existe pas, et ceux qui croient que Dieu existe ont tort.

Degré un : l’agnosticisme. Dieu existe peut-être pour les autres, mais pas pour moi.

Degré deux : le théisme. Dieu existe, c’est un être transcendant, il fait partie de la nature humaine. Mais donner à ce « Dieu » des caractéristiques est déjà un anthropomorphisme, une projection de l’homme sur ce Dieu indescriptible et non interventionniste dans l’histoire des hommes.

Degré trois : le monothéisme. (Dans les religions non monothéistes, il y a sans doute des degrés spécifiques, que je ne connais pas) La première religion monothéiste est le judaïsme. Dans le judaïsme, Dieu se révèle à l’homme en lui adressant la parole, en passant une alliance avec son peuple, en lui donnant une loi et des commandements, et en faisant de son peuple « la lumière des nations ».
Dieu a fait cela par amour pour l’humanité.
Le croyant peut dialoguer avec Dieu, comme avec une personne. La prière est une composante essentielle de la foi. Dans l’ordre chronologique, les trois religions monothéistes sont le Judaïsme, le Christianisme, l’Islam.

Degré quatre : au sein du Christianisme (mais les degrés se déclinent autrement au sein du Judaïsme et de l’Islam.) On peut l’appeler la « christologie basse » : Jésus Christ est un envoyé de Dieu. Dieu va plus loin qu’avec Moïse dans sa révélation aux hommes : il envoie Jésus Christ, qu’on appelle aussi le Messie.
Il est « Fils de Dieu » au sens de fils spirituel. Sa nature est humaine. C’est une créature de Dieu comme tous les autres hommes.
Dieu a envoyé Jésus Christ par amour pour l’humanité.
Si on croit que Jésus Christ est ressuscité, qu’il est « vivant » quelque part, on peut lui adresser nos prières, comme on peut aussi les adresser à Dieu.

Degré cinq : au sein du Christianisme . On l’appelle généralement la « christologie haute » : Jésus Christ est Fils de Dieu au sens de l’incarnation : Dieu s’est incarné, il s’est fait homme, pour vivre à travers son Fils la condition humaine, par amour pour l’humanité. Jésus Christ a une double nature : à la fois entièrement homme, et entièrement Dieu. (Il faut reconnaître le caractère irrationnel d’une telle affirmation, mais l’irrationnel peut avoir du « sens »). Se rapprocher de Jésus Christ et se rapprocher de Dieu revient au même. La communion avec Dieu n’est possible que par Jésus Christ, qui est révélation de Dieu pour nous.

NB ceci est une réflexion spontanée suite à une discussion de petit déjeuner avec des amis agnostiques. Les philosophes et les théologiens trouveront cela très caricatural. Elle a le mérite toutefois de permettre de s’interroger : où en suis-je aujourd’hui ? et aussi de mieux accepter les différences de position en matière de foi. Toutes ces positions sont respectables. (car ce qui compte en définitive, n’est-ce pas d’aimer son prochain ?)

Christian Tanon, L’Escale, le 26 avril 2019

© Copyright - lescaleportroyal