Pourquoi gémis-tu ô mon âme ?

La déprime, le spleen, la complainte…appelez-le comme vous voulez, est une des maladies du siècle. Elle peut se soigner par des anxiolytiques, par la fuite dans les substances addictives : mieux par la psychothérapie.

A l’Escale, nous expérimentons une autre méthode : l’accompagnement spirituel.

Elle s’appuie sur une conviction : Dieu est le médecin de nos âmes.

Comment s’y prend-il avec nous ?

Le psaume 42 nous éclaire à ce sujet. L’auteur s’épanche devant l’Eternel : « Pourquoi t’abats-tu ô mon âme ? Pourquoi gémis-tu au dedans de moi ? » (version Second 1910)

Qui parle ici ? N’est-ce pas l’auteur qui parle à lui-même, dans un dialogue intérieur ? N’est-ce pas l’esprit qui parle à l’âme ?

Poursuivons ce dialogue intérieur :

«Espère en l’Eternel, car je le louerai encore ! »

Voilà que l’esprit s’adresse à l’âme en disant en quelque sorte : « arrête de te plaindre sans cesse ! Cesse de tourner et retourner les évènements du passé, et tourne-toi vers l’avenir avec l’espérance que Dieu te donne ! »

Ces mêmes versets sont répétés deux fois dans le P. 42 et encore une fois dans le psaume suivant.

Sans vouloir séparer l’esprit de l’âme, la Bible fait souvent la distinction entre les trois dimensions de l’être humain : le corps, l’âme et l’esprit. L’âme est le siège des émotions, de la sensibilité (d’où l’expression état d’âme), et l’esprit est le siège de la raison et de la volonté. Prendre du recul sur soi, mettre des mots sur ce qui nous tourmente et le confier à une oreille bienveillante, c’est grandir en spiritualité ; grandir en esprit. Et l’Esprit Saint nous y aide de façon mystérieuse et puissante.

Je me souviens d’une paroissienne de Pentemont-Luxembourg dont la voisine venait presque chaque jour lui confier ses malheurs. Pleine de bonnes intentions, la paroissienne l’écoutait avec patience, mais les complaintes revenaient à chaque entretien. « Comment faire, pasteur, pour sortir de cette impasse ? » me demandait-elle. Et sur le coup je ne savais que lui conseiller.

Mais aujourd’hui, à la relecture du Ps. 42, je me demande s’il ne convient pas, après une longue écoute, de dire une parole d’autorité de la part du Dieu médecin de nos âmes, en suivant l’exemple du psalmiste qui finit par commander à son âme de cesser les complaintes et de décider d’espérer en l’Eternel.

Et Dieu répond, comme l’affirme le psaume 30 : « Eternel, tu as changé mes lamentations en allégresse …afin que mon cœur te chante et ne soit point muet. »

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