La citation exacte est : « Faites-vous des amis avec l’argent trompeur afin qu’ils vous accueillent dans les demeures éternelles lorsqu’il viendra à manquer. » Luc 16 v.9

C’est Jésus lui-même qui donne cette instruction à ceux qui l’entourent, après avoir raconté la parabole du gérant malhonnête. (Ce gérant qui dilapidait les biens de son propriétaire en réduisant les dettes de ses débiteurs dans le but de s’en faire des amis). Cette parabole a de quoi surprendre d’ailleurs, car le « maître » – il s’agit de Dieu, fait l’éloge de ce gérant pour son habileté à se faire des amis, même avec « l’argent trompeur ». Et Jésus, dans sa conclusion, insiste pour que nous nous fassions des amis, même s’il faut pour cela utiliser des méthodes peu recommandables aux yeux de la justice humaine.

Or il y a deux sortes d’amitiés : celle fondée sur la logique d’échange (je te rends un service, et j’attends un retour), et celle qui repose sur la simple confiance, la gratuité, pour ne pas dire, en langage chrétien : la grâce.

A l’Escale, je peux témoigner que des amitiés se tissent peu à peu selon la grâce. Il n’est pas rare que les participants, qui se connaissent à peine, échangent leurs contacts et se rencontrent après à l’extérieur de l’Escale, et il faut s’en réjouir. Car certains y viennent et y reviennent parce qu’ils se sentent seuls.

« Faites-vous des amis afin qu’ils vous accueillent dans les demeures éternelles. »

Cela va très loin : il s’agit d’une amitié qui dure éternellement. Une amitié durable, c’est déjà pas mal, mais celle dont parle Jésus est si durable qu’elle se prolonge en vie éternelle ! Une amitié que même la mort ne peut briser !  Merveilleux ! Est-ce possible ?

Et si c’est possible, la question est : comment s’y prendre ?  Comment tisser de telles amitiés ? Mon ministère pastoral, y.c. mon expérience de l’Escale, me conduit à penser que c’est en Jésus Christ que peuvent se tisser des amitiés pour l’éternité.

Car Jésus Christ a pris l’initiative de dire à ses disciples : « je ne vous considère plus comme serviteurs, mais comme amis. »  (Jean 15 v. 15).  Merveilleux, non ? Et cela nous concerne tous. Que nous ayons la chance d’avoir de vrais amis autour de nous, ou que nous n’ayons hélas pas cette chance, nous avons tous en Jésus Christ un ami. Si Jésus Christ fait de chacun de nous ses amis, et que nous en avons pleinement conscience, il y a une relation à trois qui s’établit. Le 3ème étant Dieu ou Jésus Christ. Il y a quelque chose qui change dans notre façon de regarder la personne que Dieu met sur notre route. On le regarde et on se dit : Lui aussi, il est ami de Jésus ! Elle aussi ! Alors je le (ou la) regarde autrement.

Et si cette personne partage avec nous la même foi en Jésus Christ, se produit ce que j’appellerais un petit miracle : A peine avons-nous fait connaissance, et voilà que nous pouvons partager les questions essentielles de la vie, les interrogations de l’existence avec la confiance qui naît entre nous.

N’est-ce pas Jésus Christ qui a dit à ses disciples, à la veille de sa passion : « je vais vous préparer des demeures éternelles auprès du Père ? » (c.f. Jean 14. 2-3)   Les voilà, les demeures éternelles qui nous sont promises ! Et dont l’amitié vécue selon la grâce, dès maintenant, est un avant-goût.

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