Nous avons tous un gendarme intérieur : c’est une dimension de notre conscience, qui nous évite de commettre des fautes, ou qui nous indique ce qu’il faut faire dans telle ou telle circonstances. Nous connaissons l’expression populaire : « il faut savoir se gendarmer. »

C’est une bonne chose, mais quand notre gendarme intérieur prend trop de place en nous, au point de nous culpabiliser sans cesse, il y a problème.

J’accompagne à l’Escale une dame qui se croit incapable de rien faire. Elle n’est jamais à la hauteur. Elle utilise souvent des expressions comme : « j’aurais dû faire ceci, excusez-moi, j’ai peur de… ». Dans son enfance, sa mère lui disait sans cesse : « fais ceci, fais cela, c’est pas bien ce que tu as fait là ! »

En tant qu’accompagnateur j’éviterai de donner des conseils à une telle personne, car cela ne ferait qu’accroître son sentiment de culpabilité.

A l’Escale viennent des personnes qui ont parfois du mal à s’aimer elle-même. Peut-être leur gendarme intérieur prend-il trop de place dans leur vie ? Et si ces personnes reviennent à l’Escale, c’est parce qu’elle ne se sentent pas jugées. Au contraire, elles se sentent reconnue et appréciées.

En partageant l’Evangile, elles découvrent ou redécouvrent le regard aimant du Christ : contrairement au gendarme intérieur, le Christ nous regarde avec bienveillance. Il voit en nous ce qui est bon au plus profond de notre être.

Pour conclure : ces deux aspects de la personnalité que sont le miroir et le gendarme intérieurs, s’ils sont modérés, n’empêchent nullement de vivre notre foi et faire du bien à autrui – car n’oublions pas que la finalité est l’amour-agapè, mais si l’un ou l’autre est hypertrophié, il devient obstacle à la vie spirituelle.

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