Témoignage de Christian Manuel

Sur un plateau de la balance, j’ai la chance inouïe d’être confiné dans une jolie maison entourée d’un jardin, dans un quartier pavillonnaire agréable, avec des voisins qui sont de vrais amis. Je dois reconnaître que le vécu du confinement ne m’apporte que du bon : une vie calme, pleine, comme pendant une retraite dans un monastère, un temps de prière chaque matin en communion spirituelle avec une célébration liturgique sur internet, du temps pour lire, écrire, soutenir au téléphone des amis et relations souffrant d’une solitude prolongée, parler avec ma femme, partager avec elle ses inquiétudes d’écrivain, entretenir un réseau conséquent de réunions zoom de partages bibliques. Beaucoup de préoccupations non essentielles et de préoccupations contingentes s’effacent et l’esprit s’en trouve lavé. Est-ce que cela va créer une nouvelle échelle de valeurs ? Vu de Sirius, mon confinement restera pour moi une période d’harmonie structurée qu’il importera de préserver dans l’après, et de construction de relations denses… Un trésor à entretenir…

Mais sur l’autre plateau de la balance, je garde présent au cœur ce qu’il y a de douloureux pour beaucoup dans cet isolement forcé. Je sens peser le poids immense de la maladie, de la détresse psychologique, matérielle et morale qui touche tant de gens.

C’est là que la prière prend toute sa valeur, soutenue par la parole partagée et le cas échéant par un soutien matériel. Le mot solidarité prend soudain un goût nouveau, au sein de l’isolement.

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