Le Covid 19 nous a-t-il éloigné les uns des autres ? Avons-nous perdu en compassion ?

Les Evangiles ne nous rapportent pas d’épidémie de virus au temps de Jésus, mais il y avait un interdit : ne pas toucher à un mort ! Dans la parabole du Bon Samaritain les prêtres et autres religieux ne s’étaient pas approchés de l’homme tombé à terre. Seul le Samaritain s’est rendu proche de l’homme blessé. Pendant l’épidémie du Covid 19 les soignants se sont rendus proches des malades non sans prendre des gros risques. Un détail de l’Evangile peut passer inaperçu : « il fut ému de compassion ». Littéralement : « ses entrailles frémirent ». Faut-il frémir de compassion à chaque fois qu’on vient en aide à une personne malade, blessée, isolée, ou un handicapée ? Faut-il « souffrir avec » l’autre ? (com-passion)
Je ne crois pas. Il y en a un qui l’a fait pourtant, c’est Jésus, sans même prendre de précaution thérapeutique, quand il touchait les lépreux pour les guérir. Mais nous ne sommes pas Jésus… La compassion est une émotion qui ne se commande pas. Elle surgit en nous comme surgit la joie, la colère ou la peur. Si elle nous envahit parfois, tentons de la canaliser pour qu’elle ne s’impose pas à l’autre qui a seulement besoin d’attention, d’écoute et de compréhension.

A l’Escale, qui a dû fermer son local pendant 3 mois, nous nous sommes rendus proches les uns des autres à travers les partages bibliques sur audio-conférence. 86 personnes ont participé et participent encore, par groupes de 7 ou 8, à raison d’une réunion par semaine.  Jésus Christ n’avait pas besoin de composer le code secret pour nous rejoindre ! Il était déjà présent dans la salle électronique avant qu’on n’y accède !

Partout, en même temps, unis par un même sort, les habitants de la terre redevenus troglodytes, ont fait l’expérience inédite du confinement : privation d’espace, mais surabondance de temps. L’homme a besoin de jouir des deux dimensions. Oui, mais que faire quand l’une des deux vient à manquer ? La privation d’espace fut ressentie comme la privation de liberté. Faisant peu de cas du temps, les gens ont oublié combien ils en manquent, pourtant, dans la vie « normale ». Car le temps aussi, c’est la liberté, et c’est même le luxe suprême ! Pendant deux mois, l’occasion leur a été offerte d’en faire l’expérience.

Cette expérience du temps qui libère et nous rapproche de notre centre, je la fais avec gourmandise chaque jour, depuis les trois années et demi que je suis à la retraite. Pendant le confinement, je me suis donc réjouie de ce que tout le monde puisse vivre une telle expérience – sans avoir à attendre l’âge requis ! J’ai espéré, en extrapolant un peu mon cas personnel, que tout le monde serait heureux de cette parenthèse synonyme de retrouvailles, de retour aux sources – qui avec son conjoint, qui avec ses enfants, qui tout seul avec soi-même en ses jardins intérieurs…

Il est vertigineux de se mettre ainsi à l’échelle de la planète ! Au diapason de l’humanité tout entière ! C’est ce que l’on éprouve, parfois, quand on prie ardemment et qu’on demande à Dieu de protéger notre pauvre monde.

En me promenant dans mon quartier, j’ai beaucoup écouté vivre les gens, derrière leurs fenêtres : cris d’énervement qui fusent, rires d’enfants, caprice d’un bébé, bruit d’une casserole qui tombe… Cela m’a beaucoup touchée et émue de les imaginer, soudain infiniment fragiles et menacés, dans leur cocon. Cela m’a rapprochée d’eux. Pour moi, ce condensé sonore d’humanité valait toutes les images diffusées par les médias. Sans les voir, mais juste en les entendant, c’était un peu comme si je me trouvais au-dessus d’eux, à la place de Dieu qui voit tout, comprend tout, pleure avec nous. Comment, en effet, dans une période aussi grave, ne pas penser à Lui ? Comment ne pas L’invoquer ?

Deuxième observation, plus « terre à terre » : le besoin inné de l’homme de rompre l’isolement et de communiquer avec ses semblables. Sur tous les continents, spontanément, se sont fabriquées et échangées des vidéos domestiques montrant les mille et une manières de sublimer son confinement. L’humour était roi, comme toujours en temps de guerre ou de résistance. J’ai été éblouie de découvrir les trésors d’inventivité de mes contemporains. Cela m’a réconciliée avec les outils numériques : j’ai vu qu’ils pouvaient servir de belles causes et relier les gens utilement.

Et que dire des vidéos d’artistes ! Dans des conditions improbables, ils ont réalisé pour nous, gratuitement, des performances magnifiques : ballet de l’Opéra de Paris, chanteurs du Bolchoï, Fables de La Fontaine récitées par Fabrice Lucchini, contes pour enfants… !

On peut dire que le rêve de Malraux de la « culture pour tous » s’est vraiment réalisé pendant ces deux mois de confinement.

Je salue aussi le talent de nos pasteurs de Pentemont-Luxembourg, qui se sont réinventés pour nous offrir des partages bibliques par audioconférences et des cultes numériques – touchants par leur dépouillement et leur bonne humeur. Plus que jamais, leur parole a été une oasis.

De toutes ces belles offrandes, je garderai la nostalgie.

Troisième observation : la solidarité. Là aussi, j’ai découvert un trésor caché de mes semblables – de mes compatriotes en particulier. Jusque dans le plus petit village, combien d’anonymes se sont mis au service des soignants, des personnes âgées et vulnérables, de leur voisin isolé, en cousant des masques ou en faisant leurs courses ? Toutes sortes d’initiatives ont vu le jour pour remercier le personnel des hôpitaux : un boulanger livre le petit-déjeuner, un restaurateur le repas de midi…

Je suis fière des habitants de mon pays. Ils ont joué un rôle important dans l’histoire de cette pandémie.

Conclusion. Le confinement m’a appris ce que c’est que de vivre l’Histoire. Ce n’était pas toujours simple de me dire que je suis chez moi, aux abris, alors que, dans les hôpitaux, des armées de médecins se battent pour sauver des vies, et que des malades succombent. Là aussi, on pense à ce que Dieu doit ressentir.

Bien que confinés, nous avons tous été reliés les uns aux autres à chaque instant, attentifs, solidaires en esprit ou en actes, dans la mesure de nos moyens. Laïcs ou croyants, nous sommes faits sur un même moule de compassion et d’héroïsme, à l’image du Christ.

Sans doute, bien des laïcs ont-ils prié sans l’avouer, conscients d’être dans la main de Dieu.

C’est une grande leçon.

Pauline

Témoignage de Christian Manuel

Sur un plateau de la balance, j’ai la chance inouïe d’être confiné dans une jolie maison entourée d’un jardin, dans un quartier pavillonnaire agréable, avec des voisins qui sont de vrais amis. Je dois reconnaître que le vécu du confinement ne m’apporte que du bon : une vie calme, pleine, comme pendant une retraite dans un monastère, un temps de prière chaque matin en communion spirituelle avec une célébration liturgique sur internet, du temps pour lire, écrire, soutenir au téléphone des amis et relations souffrant d’une solitude prolongée, parler avec ma femme, partager avec elle ses inquiétudes d’écrivain, entretenir un réseau conséquent de réunions zoom de partages bibliques. Beaucoup de préoccupations non essentielles et de préoccupations contingentes s’effacent et l’esprit s’en trouve lavé. Est-ce que cela va créer une nouvelle échelle de valeurs ? Vu de Sirius, mon confinement restera pour moi une période d’harmonie structurée qu’il importera de préserver dans l’après, et de construction de relations denses… Un trésor à entretenir…

Mais sur l’autre plateau de la balance, je garde présent au cœur ce qu’il y a de douloureux pour beaucoup dans cet isolement forcé. Je sens peser le poids immense de la maladie, de la détresse psychologique, matérielle et morale qui touche tant de gens.

C’est là que la prière prend toute sa valeur, soutenue par la parole partagée et le cas échéant par un soutien matériel. Le mot solidarité prend soudain un goût nouveau, au sein de l’isolement.

Question : qu’avez-vous découvert d’essentiel pour vous pendant cette période de confinement ?

Témoignage de Margaux

Margaux

Je n’ai pas été totalement confinée, car j’ai poursuivi mon travail. Mais j’ai subi comme les autres le manque de vie sociale. J’ai découvert que je n’avais pas peur de la mort, bien qu’elle fût omniprésente autour de moi et dans mes pensées. J’étais très inquiète pour ma fille, et mes collaborateurs, et curieusement moins inquiète pour moi-même. Est-ce une grâce venant de Dieu ?

 

Témoignage de Marie-Camille :

 

Je ressors de cette période avec un sentiment d’urgence : désormais, à chaque nouvelle personne que je rencontrerai, je chercherai à parler de Jésus Christ. Tant de gens sont en recherche ! Et que d’occasions ratées !

 

Témoignage de Gabriel :

 

Je prends conscience plus que jamais que notre vie est fragile. Elle ne tient qu’à un fil. Je prends conscience que nos projets de loisirs et de voyages n’ont pas de valeur pérenne. Seul est pérenne notre vie avec Dieu. Seul a de la valeur ce que nous pouvons peu à peu construire avec Lui.

Témoignage de Dominique Kerouedan

 

Moi qui ne suis pas parisienne, j’ai découvert que j’aimais Paris : la ville livrée à elle-même, naturelle, belle, lumineuse, aux jardins fleuris, arbres libres, épineux épanouis, en ce printemps, et que c’est un privilège de l’histoire de voir la ville ainsi ; et découvert, donc en creux, ce que j’avais éprouvé de manière croissante depuis plusieurs mois : quelle pollution nous sommes les humains ! Quelle agitation et quel bruit nous dégageons ! Qu’avions-nous à courir ainsi sans même nous regarder ou nous parler ? Nous vivions dans un monde de fous ! Un monde d’esclaves, de nous-mêmes, de nos employeurs, de la mondialisation, de cette course poursuite à la consommation.

J’ai découvert que le plus difficile dans cette épreuve que nous traversons collectivement est celle qui nous touche individuellement : devoir nous tenir éloignés physiquement de ceux que nous aimons, ou pire, d’être obligés d’envisager que même nos bien-aimés, les plus chers et les plus proches, nos enfants, pourraient constituer pour nous un danger ! Quoi de plus à l’envers de nos élans naturels qui sont de nous prendre dans les bras, de nous étreindre, spontanément, tout simplement ?

Dans la solitude du confinement et en télétravail, je suis plus libre de mes horaires et plus disponible pour les partages bibliques animés par les pasteurs Christian et David, mais aussi pour la prière. Or les épreuves ne manquent pas autour de nous, de manière plus ou moins proche, et nous sommes appelés à compléter nos journées de travail ou d’étude, par un temps de méditation, une sorte de « veille » pour réconforter les personnes âgées, les personnes seules, mais aussi les collègues soignants qui souffrent de la maladie, de l’impuissance parfois, ou de l’épuisement.

Chaque jour je prie pour ces familles qui perdent leurs proches, mais je sais reconnaître aussi le Seigneur pour tous ses bienfaits, et si je reste confiante, malgré tout, dans l’avenir, pour l’Europe et le monde, c’est grâce à sa présence. Grâce à l’Esprit Saint.

Jean-Denis Oester témoigne :

Jean-Denis

Ce que j’ai découvert pendant cette période de confinement ? La Parole de Dieu. J’ai vécu cette période comme une chance. Cela m’a donné une vigilance et une attention à ce que Dieu veut e donner.  Nous ne sommes pas responsables de ce qui nous arrive, Mais de la manière donc nous le vivons. Ce qui compte c’est la paix en nous. En face du danger nous pouvons soit être dans la peur et nous sommes alors vraiment en danger, soit dans la paix. Dans la paix et l’humilité. Il nous faut apprendre à vivre en étant privé de mouvement. N’est-ce pas une espèce de carême ?

France Gutierres

Étonnante cette situation inédite, mais riche de découvertes ! Après l’annonce violente du confinement : un grand moment d’angoisse et de peur jamais vécu ! Peur de la maladie, de la mort ? puis la PAIX est revenue. Comment vais-je vivre ainsi ? Qu’est ce qui est premier dans ma vie ?  En fait ce n’est pas une découverte :  Ma relation profonde avec ce DIEU qui m’aime, qui est le SAUVEUR et que je ne cesse de chercher et découvrir Donc plus de temps pour prier, lire ! Et depuis quelques temps j’ai vraiment un appel fort à intercéder et cela m’habite de plus en plus ! Donc j’ai du temps !  Je découvre l’importance de la relation aux autres : ceux qui m’entourent : famille, amis ; être plus attentive, plus ouverte !   Attentive autour de moi aux solitudes qui engendrent beaucoup de souffrances.

Voilà tout un programme et le temps passe vite ! Je découvre une autre notion du TEMPS !  Et puis l’ESCALE continue à vivre : Joie de ces partages bibliques et temps de prières d’intercession. Donc rendons grâces pour tout ce qui nous est révélé durant ce temps si particulier !     France GUTIERRES

L’idée d’ouvrir un lieu d’accueil et d’écoute spirituelle au cœur de la ville remonte à 1997. J’étais alors en plein questionnement sur mon orientation professionnelle : continuer à l’Aerospatiale jusqu’à ma retraite a-t-il un sens ? Un ami, qui faisait office de coach, m’interroge un jour autour d’une tasse de café : « Christian, quel est ton, rêve ? » et ma réponse est sortie d’un coup, comme si elle venait d’ailleurs : « mon rêve ? c’est de créer une communauté où chacun peut entrer et sortir librement, et sortir grandi ». Le coach me regarde et dit aussitôt : « je vois que ça sort de tes tripes ! Il faut que tu réalises ton rêve ! Tu ne seras heureux dans la vie que quand tu auras décidé de le mettre en œuvre ! »

Mais comment m’y prendre ? Je ne voyais pas. Ce n’est que trois ans plus tard, eu août 2000, lors d’une balade en montagne avec Marie-Laure, que la décision fut prise : OK je vais réaliser mon rêve, mais d’abord, il faut que je sois pasteur.

Le soir même je demande à ma femme : « Que dirais-tu si ton mari était pasteur ? Sa réponse fut immédiate :

« Je m’attendais à la question. Je te soutiendrai pendant tes 5 années à la fac de théologie (elle s’était discrètement renseignée) et si tu es nommé quelque part, je te suivrai. »

« Alleluia ! me disais-je, les portes s’ouvrent ! »

Sans plus attendre, je donne ma démission de l’Aerospatiale (devenue entre-temps EADS) et m’inscris à la fac de théologie. 4 ans plus tard j’étais nommé à Reims. 8 ans plus tard, ayant pris ma retraite, je reviens à Paris. Et en avril 2017 naissait l’Escale.

Voici un extrait de mon journal personnel datant de Juillet 2003 : « un lieu d’accueil et d’écoute spirituelle au cœur de la ville (le nom l’Escale n’est venu que plus tard) répond au besoin de celles et ceux qui veulent grandir dans la foi mais sont bloqués par les vicissitudes de la vie : un deuil, l’enfermement dans la solitude, une angoisse, une souffrance physique ou morale. Celui qui fait grandir c’est Dieu par son action dans le cœur intime de la personne. Mais ce cœur, s’il est blessé ou meurtri, a besoin d’être aimé, accueilli, écouté avec bienveillance. Les conditions de succès : un lieu calme, facile d’accès, simple, chaleureux. Et des bénévoles qui assurent la permanence, chrétiens aptes à l’écoute et à l’aise avec la prière.

Car ce lieu sera comme la « Poustinia », (qui signifie désert en russe) décrit par Catherine Hueck de Doherty, qui a créé des maisons d’accueil et de prière au cœur des grandes villes du Canada et des USA.

Voilà en quelques mots la genèse et la vision de l’Escale, qui aujourd’hui grandit et fait grandir.

L’Escale est tout le contraire d’un club, d’un groupe ethnique, ou d’un groupe de copains qui se sont choisis.

Car ils ne se sont pas choisis, les visiteurs de l’Escale. Ils font connaissance et découvrent leur différence.

Différences de culture, tant sont diverses les origines :  française, africaine, malgache, mauricienne, chinoise, coréennes, afghane, irakienne, allemande, anglaise, chilienne, brésilienne, et j’en passe.

Différences d’expression de la foi : catholique, évangélique, protestant historique, pentecôtiste.  Là, il peut y avoir quelques « crispations » liées à des manières différentes d’exprimer sa foi. L’un priera avec véhémence en répétant plusieurs fois « Seigneur, Seigneur ! », ce qui mettra un autre mal à l’aise. La question de la vierge Marie, si elle est abordée, pourra provoquer quelques tensions entre catholiques et protestants évangéliques.

Et pourtant, il faut bien s’accepter les uns les autres. C’est un principe essentiel à l’Escale.

Qu’est-ce que l’esprit d’ouverture ? C’est d’abord accepter l’autre tel qu’il est. C’est aussi, plus profondément et plus risqué pour soi, chercher à comprendre le point de vue de l’autre, même si je ne le partage pas, en se disant : peut-être vais-je apprendre quelque chose de nouveau ?

L’Escale est aussi une école d’ouverture pour les bénévoles, qui forment une équipe solidaire et fraternelle. Là aussi, une grande diversité : protestants, évangéliques et catholiques doivent travailler ensemble.

L’esprit d’ouverture est lié à mon avis au sens de la verticalité. Je m’explique : avoir le sens de la verticalité, c’est se sentir porté par une colonne vertébrale qui traverse tout l’être et lui donne sa cohérence interne. Les pieds bien ancrés dans le sol et la tête dans le ciel.

C’est comme la danseuse qui, par sa verticalité, peut se permettre de s’élancer d’un côté et de l’autre sans avoir peur de perdre l’équilibre. C’est ce qui lui donne sa grâce, sa légèreté, sa souplesse.

Esprit d’ouverture et unité intérieure vont ensemble.  Et pour nous qui connaissons l’Evangile, l’unité intérieure et l’unité en Christ vont aussi ensemble.

En ce samedi 21 décembre la lecture partagée de la Bible à l’Escale porte sur la visitation (Luc 1. 39-56)  : Marie se rend en Judée pour voir sa cousine Elizabeth, qui s’étonne de voir arriver « la mère de mon Seigneur » et la déclare bienheureuse. Celle-ci s’exclame à son tour en disant : « mon âme magnifie le Seigneur… ». Et Karl Barth, grand théologien du 20ème siècle, de s’étonner à son tour que quelqu’un puisse « magnifier le Seigneur ». Je cite : « Qu’est-ce que signifie magnifier le Seigneur ? Avons-nous besoin de le magnifier ? Lui, le Très-Haut, n’a pas besoin que nous l’exaltions… »

Et bien si ! Dieu compte sur nous pour le magnifier aux yeux des hommes ! Car Il s’est fait petit dans le monde. Si petit qu’on le voit à peine autour de nous…et peut-être même en nous. « C’est dans notre misérable vie humaine que Dieu veut être rendu grand…magnifier Dieu, c’est aussi rendre Dieu grand dans notre vie, jour après jour » (Karl Barth in « Avent », Ed Roulet, Genève 1948, p. 58s)

Magali, Véronique et Samira

L’Escale n’est-elle pas le lieu où Dieu est magnifié ?  Quand Samira, malvoyante et fuyant son domicile HLM pour cause de harcèlement, vient à l’Escale pour être fortifiée par des frères et sœurs en Christ, ne donne-t-elle pas un témoignage qui nous rend à tous Dieu plus grand à nos yeux ? C’est ce qu’elle dit pour elle-même avec reconnaissance : « merci à vous, bénévoles de l’Escale, qui m’avez accueillie, j’avais du mal à sentir la présence de Dieu en ce moment… je vois qu’Il est toujours là ! » Mais nous, les bénévoles, nous pouvons lui répondre : « merci Samira ! ta présence nous encourage car nous voyons que notre travail est utile, et surtout, nous voyons Dieu à l’œuvre en toi ! »

C’est bien de se dire mutuellement merci, mais n’oublions pas que la source de ce merci est en Dieu, et magnifions le Seigneur chaque jour !