bras d’amour

C’est « ze question » à propos de l’existence de Dieu. Celle que nous entendons si souvent.

Pourtant, ceux qui ont fait l’expérience de la présence de Dieu dans leur vie ne posent généralement pas — ou plus — cette question. Faire l’expérience de cette présence peut prendre des formes très diverses : une parole entendue un jour, qui vous touche en profondeur et vous procure une paix intérieure durable ; ou encore le témoignage d’un ami qui a vécu cette expérience et qui vous en parle avec conviction et sincérité.

Je pense notamment à une dame de ma paroisse, très pratiquante, qui m’a un jour déclaré avec virulence :

« Dieu tout-puissant ? Je n’y crois pas du tout ! Pourquoi laisse-t-il tant de victimes innocentes souffrir dans le monde ? »

J’avais beau lui expliquer que Dieu laisse les hommes libres de faire du bien ou du mal à autrui ; que cette liberté donnée à l’homme est cohérente avec Son amour ; que la création n’est pas parfaite et que l’homme, doté d’une grande intelligence, doit apprendre à s’adapter à ces imperfections ; et lui présenter d’autres arguments encore… Elle les connaissait déjà.

Cela ne changeait rien.

Pourtant, elle revenait chaque dimanche au culte. Un jour, je lui ai donc posé une question toute simple :

« Si vous ne croyez pas que Dieu est bon et tout-puissant en amour, pourquoi revenez-vous chaque dimanche au culte ? »

Elle m’a répondu : « Parce que je m’y sens bien, et que j’y ai ma “famille”. »

Honnête intellectuellement, elle s’abstient d’ailleurs de réciter le Credo, puisque l’expression « Dieu tout-puissant » y apparaît deux fois. Je peux le comprendre.

Pour moi, la toute-puissance de Dieu n’est ni de l’interventionnisme, ni de la magie, c’est une toute-puissance d’amour.

Et le levier qui soulève le monde pour le rendre meilleur, ce n’est pas Dieu, du haut des cieux, qui va l’actionner. Ce sont les hommes, avec leurs « bras d’amour ».

Christian Tanon

Comment tisser un lien fraternel à l’Escale ?

Tisser un lien fraternel devient essentiel aujourd’hui. C’est une banalité de dire que le lien social s’est perdu depuis un demi-siècle, et que de nombreux parisiens souffrent de solitude.

Pourquoi l’Escale s’est créée ?

Nombre d’associations se sont créées en bonne partie pour lutter contre la solitude. L’Escale est l’une d’entre elles. Mais elle va plus loin que de tisser le lien social : elle tisse le lien fraternel, au point que certains accueillis qui viennent et reviennent régulièrement à la permanence d’accueil, peuvent dire : l’Escale est comme une famille pour moi, grâce aux liens fraternels que nous avons développés les uns avec les autres.

 

Comment tisser un lien fraternel à l’Escale ?

L’Escale nous a permis de nous faire des amis pour la vie éternelle (luc 16.9)

 

Qu’est ce qui favorise ce lien fraternel ?

En premier lieu, la manière d’accueillir à l’Escale ressemble à ce qu’un hôte fait habituellement lorsque ses invités viennent par exemple pour un repas, et que certains ne se connaissent pas encore : on fait un tour de table de présentation. C’est toujours le cas à l’Escale : si une personne arrive, on se présente, pour bien montrer que nous sommes sur le même plan : les accueillants (ils sont deux) et l’accueilli. Une 3ème personne arrive ? On refait un tour de table pour se présenter. Une 4ème arrive : on recommence le tour de table. N’est-ce pas nécessaire pour que tout nouvel arrivant se sente bien accueilli ? La 2ème raison pour laquelle les liens fraternels se tissent peu à peu, c’est la bienveillance qui règne à chaque permanence, dont les accueillants font preuve en premier, et qui se propage à tous les participants. Rappelons en dernier lieu que les accueillants de par leur foi chrétienne regardent l’autre comme frère ou soeur en Christ, même si ce dernier n’en pas conscience. Voilà aussi un facteur décisif pour la création de liens fraternels. Il n’est pas rare que les participants de l’après- midi s’échangent leurs coordonnées et, avec le temps, deviennent des amis.
L’Escale répond à un besoin à la fois tenace et tabou dans notre société hyper-individualisée : surmonter le sentiment de solitude. Voir l’article : « je me sens seul(e) il y a quelqu’un ?