C’est « ze question » à propos de l’existence de Dieu. Celle que nous entendons si souvent.
Pourtant, ceux qui ont fait l’expérience de la présence de Dieu dans leur vie ne posent généralement pas — ou plus — cette question. Faire l’expérience de cette présence peut prendre des formes très diverses : une parole entendue un jour, qui vous touche en profondeur et vous procure une paix intérieure durable ; ou encore le témoignage d’un ami qui a vécu cette expérience et qui vous en parle avec conviction et sincérité.
Je pense notamment à une dame de ma paroisse, très pratiquante, qui m’a un jour déclaré avec virulence :
« Dieu tout-puissant ? Je n’y crois pas du tout ! Pourquoi laisse-t-il tant de victimes innocentes souffrir dans le monde ? »
J’avais beau lui expliquer que Dieu laisse les hommes libres de faire du bien ou du mal à autrui ; que cette liberté donnée à l’homme est cohérente avec Son amour ; que la création n’est pas parfaite et que l’homme, doté d’une grande intelligence, doit apprendre à s’adapter à ces imperfections ; et lui présenter d’autres arguments encore… Elle les connaissait déjà.
Cela ne changeait rien.
Pourtant, elle revenait chaque dimanche au culte. Un jour, je lui ai donc posé une question toute simple :
« Si vous ne croyez pas que Dieu est bon et tout-puissant en amour, pourquoi revenez-vous chaque dimanche au culte ? »
Elle m’a répondu : « Parce que je m’y sens bien, et que j’y ai ma “famille”. »
Honnête intellectuellement, elle s’abstient d’ailleurs de réciter le Credo, puisque l’expression « Dieu tout-puissant » y apparaît deux fois. Je peux le comprendre.
Pour moi, la toute-puissance de Dieu n’est ni de l’interventionnisme, ni de la magie, c’est une toute-puissance d’amour.
Et le levier qui soulève le monde pour le rendre meilleur, ce n’est pas Dieu, du haut des cieux, qui va l’actionner. Ce sont les hommes, avec leurs « bras d’amour ».
Christian Tanon


