Le doute-interrogation
Je réponds oui, c’est normal, c’est humain d’avoir des doutes, alors même que nous sommes croyants.
Encore faut-il préciser ce qu’on entend par « doute ». Je viens de perdre une grande amie de la famille à laquelle j’étais très attaché. Il s’agit de Christiane Scrivener, et je pense qu’elle retrouvera là-haut son mari, et son fils unique, Noël, qui était d’ailleurs mon meilleur ami.
Je le pense mais je n’en suis pas sûr.
Quand nous perdons un être-cher, nous nous interrogeons parfois : Est-ce que je le retrouverai « là-haut », et dans quel état le retrouverai-je ? dans l’état où je l’ai vu pour la dernière fois, ou dans la force de l’âge ? ou quand il était jeune ? Nous n’en savons rien.
Mais je n’appellerais pas ça un doute, une interrogation plutôt.
Le doute, cela concerne par exemple la question de la résurrection du Christ; et la nôtre également. Avoir des doutes sur ce sujet ne nous empêche pas d’être croyant, de croire que Jésus est le Seigneur, de venir à la table de communion, et de chercher à faire sa volonté.
Est-ce si facile d’y croire ?
Mais est-ce si facile de croire vraiment, c’est-à-dire avec toute sa raison et tout son cœur, que Jésus Christ est ressuscité, donc vivant, et qu’il est vraiment présent parmi nous, et dans notre vie de tous les jours ? pas si facile !
Avez-vous remarqué qu’autour de nous il n’y a aucun signe visible de la résurrection du Christ ? Où sont-ils les signes visibles de la résurrection ?
Partout se dressent des calvaires aux carrefours de nos chemins de campagne. Nos édifices religieux sont remplis de croix. Mais où trouver les signes visibles du Christ ressuscité ? D’ailleurs, dans cette Église, y en a-t-il ?
Certes les croix protestantes sont nues, évoquant le Christ ressuscité. Mais c’est plus une évocation qu’un signe visible.
Dans les Évangiles, il n’y a aucune description de la résurrection du Christ. Je veux parler du processus de la résurrection. On décrit dans le détail le processus de sa passion et de sa mort, mais pas de sa résurrection.
Quant aux preuves, il n’y en n’a pas non plus ! Un tombeau vide ne prouve rien.
La garde des chefs religieux ou des romains aurait très bien pu retirer le corps de Jésus pendant la nuit, pour éviter que la foule ne continuent à vénérer ce dangereux personnage.
Pâques, un non-évènement
Reconnaissons ceci : d’un point de vue objectif, Pâques est un non-évenement.
Autant la mort du Christ au Golgotha est un évènement, reconnu par tous les témoins de l’époque, autant sa résurrection des morts n’a été reconnue que par une poignée de disciples.
Un tombeau vide, des apparitions dans l’intimité d’une rencontre ou dans le secret de la chambre haute… ce n’est pas grand-chose. Aucun media de l’époque n’aurait relaté quoi que ce soit le dimanche de Pâques. RAS.
Paradoxalement, ce non-évènement a eu par la suite d’énormes conséquences sur l’histoire.
Il a eu un tel retentissement dans l’histoire humaine, que même les historiens agnostiques (j’en ai connu un à Reims) reconnaissent qu’ils ont du mal à expliquer la croissance spectaculaire du christianisme dans l’empire romain aux 3 premiers siècles de notre ère.
Cette croissance spectaculaire, nous qui sommes croyants, nous l’expliquons par la puissance du témoignage des premiers chrétiens, et leur persévérance dans la foi malgré les persécutions. Tout repose sur la foi.
Je reviens donc à la question : est-il si facile de croire en la résurrection ?
Mettons-nous un instant dans la peau des disciples du Christ, il y a plus de 2000 ans.
Croire qu’un homme puisse ressusciter, c’était impossible à vues humaines pour les juifs, et même pour les disciples de Jésus.
Par trois fois, avant de mourir, Jésus leur avait dit qu’il mourrait et ressusciterait le 3ème jour ; ils ne comprenaient absolument pas ce qu’il disait.
Dans notre passage de Luc, les disciples ont cru voir un esprit quand tout à coup Jésus leur est apparu. Ils en furent effrayés dit le texte. On les comprend. Jésus a beau leur dire : « la paix soit avec vous ! », ils tremblent de peur. Jésus tient à les apaiser tout de suite : « pourquoi êtes-vous troublés…voyez mes mains et mes pieds ! touchez-moi … »
Croire que Jésus est ressuscité n’est pas de l’ordre du savoir, mais de l’ordre de la conversion. Ce n’est pas dans la tête que cela se passe, mais dans le cœur.
Pour nous qui n’étions pas là au moment des faits, nous n’avons pas le choix : il nous faut nous appuyer sur le témoignage des autres avant nous, et sur l’éclairage que nous donne l’Esprit Saint. « Heureux celui qui croit sans avoir vu » avait déclaré Jésus à Thomas (selon l’Évangile de Jean) C’est notre lot.
Un doute plus profond : le doute-méfiance
Il y a une autre sorte de doute, qui est plus profonde, et plus grave, pour notre foi. C’est de remettre en cause la bonté de Dieu.
Les Hébreux au désert se sont mis à murmurer contre Dieu et Moïse en disant à ce dernier : « toi et ton Dieu, tu nous as fait sortir du pays d’Égypte pour nous emmener au désert afin de nous faire périr. »
C’est un exemple extrême. Mais ce doute là, que j’appellerais le doute-murmure, ou le doute-méfiance, c’est un doute qui creuse un fossé entre nous et Dieu.
Le jour de l’épreuve, je risque de penser : pourquoi faire appel à Dieu pour m’aider à m’en sortir ? je ne compte que sur moi-même.
Il convient donc de distinguer le doute-interrogation et le doute-méfiance ;
Le doute est-il compatible avec la foi ? Question ambigüe. C’est comme si je demandais : le vin blanc est-il compatible avec le poisson ? Oui, mais pas n’importe quel vin blanc ! Un blanc sec, oui, mais pas le vin doux, qui est servi en entrée avec le foie gras.
Pour conclure : le doute est bien compatible avec la foi, à condition de ne jamais remettre en cause la bonté de Dieu envers nous. Doute-interrogation, oui. Doute-méfiance, non.
L’importance de l’écoute dans une situation de témoignage
Témoigner de sa foi sans écouter peut parfois blesser
Prenons une image : vous êtes au bord d’un lac de montagne et vous voulez faire des beaux ricochets avec un galet bien rond et plat que vous tenez dans la main. Témoigner sans écouter l’autre, c’est comme si vous lanciez votre galet de travers, sur la rive au lieu du lac. Non seulement votre geste ne servira à rien, mais vous risquez de blesser quelqu’un.
Écouter l’autre, c’est chercher à connaître où il en est dans sa vie, dans sa foi, dans ses doutes. Sans avoir de projet sur lui. Sans juger et sans préjugés. Votre témoignage sera adapté à ce que vous aurez entendu, et il y a une chance pour qu’il porte du fruit, maintenant ou plus tard. Votre galet fera des beaux ricochets.
Témoigner sans écouter peut même blesser l’autre. Un exemple à l’Escale : où nous partageons librement sur les thèmes de la vie ou de la mort, et du sens de la vie. Une participante a donné son témoignage personnel en parlant des blessures qu’elle a subies dans son enfance. J’étais gêné, car il y avait dans le petit groupe une personne qu’elle ne connaissait pas. Cette dernière n’est jamais revenue à l’Escale. Je la revis par hasard dans un café et elle me dit que le témoignage de l’autre a réactivé sa propre blessure d’enfance. Voilà un galet qui est part dans les jambes du voisin se tenant sur le bord du lac.
Conclusion : il faut s’efforcer d’écouter avec attention, et puis seulement témoigner avec tact. Avec l’aide de l’Esprit Saint – je m’adresse aux chrétiens, car l’Esprit Saint nous « parle » toujours avec tact.
SOS Esprit Saint, viens à mon aide !
Une question que me posent certains : qu’est-ce que cela change d’être chrétien ? Il y a des non croyants qui savent très bien écouter ! Bonne question ! A mon avis, la spécificité de l’écoute chrétienne est que l’écoutant peut s’appuyer sur l’aide de l’Esprit Saint dans son écoute et le témoignage qui suit ; il arrive qu’on soit un peu perdu par le flot de paroles qu’on a entendues, ou « encaissées », et qu’on ne sache pas quoi répondre. C’est alors que je recommande de faire une courte prière intérieure : « SOS Esprit Saint !, viens à mon aide ! » Mon expérience personnelle est qu’il se produit quelque chose en soi, comme un lâcher prise instantané, qui fait que ma parole sera ajustée aux attentes profondes de l’autre ; C’est comme la pelote de ficelles qu’il faut démêler : sur quel bout tirer ? sans l’aide de Dieu, il y a de forte
chance qu’on tire sur le mauvais bout et que les nœuds intérieurs se serrent encore plus.
La joie du témoignage ajusté
Écouter l’autre, puis témoigner de façon « juste » donne une grande joie ! même si l’on ne voit pas les résultats de ce qu’on a dit. Dieu ou un autre témoin se charge de la suite… Cette joie est un mystère. Une amie très malade tient le coup dans sa vie très rude, grâce à la joie qu’elle éprouve à chaque occasion d’une rencontre où elle peut écouter et témoigner ; Elle sait très bien que cette joie profonde, qui surgit en elle, n’est pas seulement humaine mais vient de Dieu.
Peut-on juger de la maturité spirituelle d’un chrétien ?
Vers une société d’individus tronqués ?
La magie de l’amitié
Est-ce que je sais pourquoi je cours?
Le doute est-il compatible avec la foi ?
Le doute-interrogation
Je réponds oui, c’est normal, c’est humain d’avoir des doutes, alors même que nous sommes croyants.
Encore faut-il préciser ce qu’on entend par « doute ». Je viens de perdre une grande amie de la famille à laquelle j’étais très attaché. Il s’agit de Christiane Scrivener, et je pense qu’elle retrouvera là-haut son mari, et son fils unique, Noël, qui était d’ailleurs mon meilleur ami.
Je le pense mais je n’en suis pas sûr.
Quand nous perdons un être-cher, nous nous interrogeons parfois : Est-ce que je le retrouverai « là-haut », et dans quel état le retrouverai-je ? dans l’état où je l’ai vu pour la dernière fois, ou dans la force de l’âge ? ou quand il était jeune ? Nous n’en savons rien.
Mais je n’appellerais pas ça un doute, une interrogation plutôt.
Le doute, cela concerne par exemple la question de la résurrection du Christ; et la nôtre également. Avoir des doutes sur ce sujet ne nous empêche pas d’être croyant, de croire que Jésus est le Seigneur, de venir à la table de communion, et de chercher à faire sa volonté.
Est-ce si facile d’y croire ?
Mais est-ce si facile de croire vraiment, c’est-à-dire avec toute sa raison et tout son cœur, que Jésus Christ est ressuscité, donc vivant, et qu’il est vraiment présent parmi nous, et dans notre vie de tous les jours ? pas si facile !
Avez-vous remarqué qu’autour de nous il n’y a aucun signe visible de la résurrection du Christ ? Où sont-ils les signes visibles de la résurrection ?
Partout se dressent des calvaires aux carrefours de nos chemins de campagne. Nos édifices religieux sont remplis de croix. Mais où trouver les signes visibles du Christ ressuscité ? D’ailleurs, dans cette Église, y en a-t-il ?
Certes les croix protestantes sont nues, évoquant le Christ ressuscité. Mais c’est plus une évocation qu’un signe visible.
Dans les Évangiles, il n’y a aucune description de la résurrection du Christ. Je veux parler du processus de la résurrection. On décrit dans le détail le processus de sa passion et de sa mort, mais pas de sa résurrection.
Quant aux preuves, il n’y en n’a pas non plus ! Un tombeau vide ne prouve rien.
La garde des chefs religieux ou des romains aurait très bien pu retirer le corps de Jésus pendant la nuit, pour éviter que la foule ne continuent à vénérer ce dangereux personnage.
Pâques, un non-évènement
Reconnaissons ceci : d’un point de vue objectif, Pâques est un non-évenement.
Autant la mort du Christ au Golgotha est un évènement, reconnu par tous les témoins de l’époque, autant sa résurrection des morts n’a été reconnue que par une poignée de disciples.
Un tombeau vide, des apparitions dans l’intimité d’une rencontre ou dans le secret de la chambre haute… ce n’est pas grand-chose. Aucun media de l’époque n’aurait relaté quoi que ce soit le dimanche de Pâques. RAS.
Paradoxalement, ce non-évènement a eu par la suite d’énormes conséquences sur l’histoire.
Il a eu un tel retentissement dans l’histoire humaine, que même les historiens agnostiques (j’en ai connu un à Reims) reconnaissent qu’ils ont du mal à expliquer la croissance spectaculaire du christianisme dans l’empire romain aux 3 premiers siècles de notre ère.
Cette croissance spectaculaire, nous qui sommes croyants, nous l’expliquons par la puissance du témoignage des premiers chrétiens, et leur persévérance dans la foi malgré les persécutions. Tout repose sur la foi.
Je reviens donc à la question : est-il si facile de croire en la résurrection ?
Mettons-nous un instant dans la peau des disciples du Christ, il y a plus de 2000 ans.
Croire qu’un homme puisse ressusciter, c’était impossible à vues humaines pour les juifs, et même pour les disciples de Jésus.
Par trois fois, avant de mourir, Jésus leur avait dit qu’il mourrait et ressusciterait le 3ème jour ; ils ne comprenaient absolument pas ce qu’il disait.
Dans notre passage de Luc, les disciples ont cru voir un esprit quand tout à coup Jésus leur est apparu. Ils en furent effrayés dit le texte. On les comprend. Jésus a beau leur dire : « la paix soit avec vous ! », ils tremblent de peur. Jésus tient à les apaiser tout de suite : « pourquoi êtes-vous troublés…voyez mes mains et mes pieds ! touchez-moi … »
Croire que Jésus est ressuscité n’est pas de l’ordre du savoir, mais de l’ordre de la conversion. Ce n’est pas dans la tête que cela se passe, mais dans le cœur.
Pour nous qui n’étions pas là au moment des faits, nous n’avons pas le choix : il nous faut nous appuyer sur le témoignage des autres avant nous, et sur l’éclairage que nous donne l’Esprit Saint. « Heureux celui qui croit sans avoir vu » avait déclaré Jésus à Thomas (selon l’Évangile de Jean) C’est notre lot.
Un doute plus profond : le doute-méfiance
Il y a une autre sorte de doute, qui est plus profonde, et plus grave, pour notre foi. C’est de remettre en cause la bonté de Dieu.
Les Hébreux au désert se sont mis à murmurer contre Dieu et Moïse en disant à ce dernier : « toi et ton Dieu, tu nous as fait sortir du pays d’Égypte pour nous emmener au désert afin de nous faire périr. »
C’est un exemple extrême. Mais ce doute là, que j’appellerais le doute-murmure, ou le doute-méfiance, c’est un doute qui creuse un fossé entre nous et Dieu.
Le jour de l’épreuve, je risque de penser : pourquoi faire appel à Dieu pour m’aider à m’en sortir ? je ne compte que sur moi-même.
Il convient donc de distinguer le doute-interrogation et le doute-méfiance ;
Le doute est-il compatible avec la foi ? Question ambigüe. C’est comme si je demandais : le vin blanc est-il compatible avec le poisson ? Oui, mais pas n’importe quel vin blanc ! Un blanc sec, oui, mais pas le vin doux, qui est servi en entrée avec le foie gras.
Pour conclure : le doute est bien compatible avec la foi, à condition de ne jamais remettre en cause la bonté de Dieu envers nous. Doute-interrogation, oui. Doute-méfiance, non.
Le dialogue inter religieux, une nécessité
Le dialogue inter religieux, pourquoi est-ce important aujourd’hui ?
Face aux discours de haine qu’attise les guerres fratricides, face à la montée des groupes terroristes, bras armés des islamistes, face aux communautarismes qui fracturent la société, il est absolument nécessaire de poursuivre le dialogue inter religieux.
A petite échelle, l’Escale y contribue, en accueillant indifféremment les chrétiens, les musulmans, parfois les juifs, et aussi les non-croyants en recherche de spiritualité.
« Nous avons le même Dieu »
Ce qui nous a étonnés à l’Escale c’est la visite régulière de musulmans qui veulent bien lire la Bible avec nous, sans pour autant vouloir renoncer à leur religion. « Ce qui me plaît à l’Escale, c’est qu’on parle de Dieu », nous déclare Okba, musulman. Et il ajoute : « à Paris, personne ne parle de Dieu. Cela me manque ! »
S’ouvrir à la différence
Dialoguer avec une autre religion monothéiste, ce n’est pas seulement rechercher ce qui nous unit, mais aussi relever les différences. Sans vouloir chercher à convaincre l’autre. Le risque est de se lancer dans un débat stérile où chacun veut avoir raison. Perte de temps ! Il vaut mieux dans ce cas parler en « je » et dire ce qui fonde ma conviction, et quelle expérience personnelle j’ai eu avec Dieu. Le témoignage n’est jamais intrusif. Il peut toucher l’autre.
une agnostique, une chrétienne, une musulmane
Au Palais de la Femme, qui appartient à l’ Armée du Salut, et qui est située juste à côté de l’Escale du 5ème, j’organise régulièrement des causeries inter-religieuses en invitant des personnalités des cultes musulman, juif et chrétien. Les résidentes y participent volontiers, elles qui sont en majorité musulmanes et en minorité chrétiennes.
Le dialogue inter religieux, au fond, c’est quoi ?
C’est attester que les trois grands monothéismes ont des valeurs qui sont toujours d’actualité : regarder autrui comme un frère en respectant sa différence, faire preuve de compassion face au plus nécessiteux, se savoir créatures de Dieu, pécheurs et pardonnés. Pour participer, venez à l’Escale.
Christian Tanon
Comment l’Escale est-elle née ?
Témoignage de Christian Tanon
Genèse et vision de l’Escale
L’idée d’ouvrir un lieu d’accueil et d’écoute spirituelle au cœur de la ville remonte à 1997. J’étais alors en plein questionnement sur mon orientation professionnelle : continuer à l’Aerospatiale jusqu’à ma retraite a-t-il un sens ? Un ami, qui faisait office de coach, m’interroge un jour autour d’une tasse de café : « Christian, quel est ton, rêve ? » et ma réponse est sortie d’un coup, comme si elle venait d’ailleurs : « mon rêve ? c’est de créer une communauté où chacun peut entrer et sortir librement, et sortir grandi ». Le coach me regarde et dit aussitôt : « je vois que ça sort de tes tripes ! Il faut que tu réalises ton rêve ! Tu ne seras heureux dans la vie que quand tu auras décidé de le mettre en œuvre ! »
Mais comment m’y prendre ? Je ne voyais pas. Ce n’est que trois ans plus tard, eu août 2000, lors d’une balade en montagne avec Marie-Laure, que la décision fut prise : OK je vais réaliser mon rêve, mais d’abord, il faut que je sois pasteur.
Le soir même je demande à ma femme : « Que dirais-tu si ton mari était pasteur ? Sa réponse fut immédiate :
« Je m’attendais à la question. Je te soutiendrai pendant tes 5 années à la fac de théologie (elle s’était discrètement renseignée) et si tu es nommé quelque part, je te suivrai. »
« Alleluia ! me disais-je, les portes s’ouvrent ! »
Sans plus attendre, je donne ma démission de l’Aerospatiale (devenue entre-temps EADS) et m’inscris à la fac de théologie. 4 ans plus tard j’étais nommé à Reims. 8 ans plus tard, ayant pris ma retraite, je reviens à Paris. Et en avril 2017 naissait l’Escale.
Voici un extrait de mon journal personnel datant de Juillet 2003 : « un lieu d’accueil et d’écoute spirituelle au cœur de la ville (le nom l’Escale n’est venu que plus tard) répond au besoin de celles et ceux qui veulent grandir dans la foi mais sont bloqués par les vicissitudes de la vie : un deuil, l’enfermement dans la solitude, une angoisse, une souffrance physique ou morale. Celui qui fait grandir c’est Dieu par son action dans le cœur intime de la personne. Mais ce cœur, s’il est blessé ou meurtri, a besoin d’être aimé, accueilli, écouté avec bienveillance. Les conditions de succès : un lieu calme, facile d’accès, simple, chaleureux. Et des bénévoles qui assurent la permanence, chrétiens aptes à l’écoute et à l’aise avec la prière. La vision de l’Escale repose sur ces principes : accueil et écoute bienveillante, prière, partage de la Parole de Dieu et création de liens fraternels entre tous.
Car ce lieu sera comme la « Poustinia », (qui signifie désert en russe) décrit par Catherine Hueck de Doherty, qui a créé des maisons d’accueil et de prière au cœur des grandes villes du Canada et des USA. Il y a environ 50 ans je suis tombé sur ce livre : « la poustinia, ou le désert au coeur des villes », livre qui m’a frappé par la foi radicale de son auteure, d’origine orthodoxe comme ma mère et mes grand-parents, et qui a reproduit dans les grandes villes d’occident ce le staretz Zossime a réalisé dans son cabanon au milieu de la forêt de Russie : attirer par la puissance de sa prière et sa sagesse une foule de gens en recherche de spiritualité, conseil ou guérison de l’âme. Quelle fécondité ! La vision de l’Escale est inspirée par la Poustinia.
Voilà en quelques mots la genèse et la vision de l’Escale, qui aujourd’hui grandit et fait grandir.
L’Escale un an après l’ouverture
de gauche à droite : Maire-Laure, Yukyung et Namil, Gaby, Alice
Le partage biblique à plusieurs c’est plus facile
Combien êtes-vous, chers lecteurs, à trouver la Bible difficile à comprendre, parfois choquante, parfois même contradictoire dans ses différentes parties ? Oui, la Bible quand on est seul, c’est difficile. A plusieurs, c’est non seulement plus abordable, mais plus motivant et enrichissant. Le point de vue de l’autre m’ouvre des horizons nouveaux, m’interpelle parfois.
L’Escale vous propose des partages bibliques soit par zoom ou audioconférences, soit sur place dans l’un des deux lieux d’accueil, selon vos possibilités de transport.
Quelle différence y a-t-il entre une étude biblique et un partage biblique ?
Dans une étude biblique, il y a une personne qui enseigne et les autres qui apprennent. Dans un partage biblique, tous sont en recherche et partagent leur point de vue « à égalité ». Pour faciliter les échanges il est utile d’avoir un animateur formé à cet effet. Si vous êtes intéressé par une formation à l’animation de partage biblique, contactez le pasteur Christian Tanon.
Quelle différence y a-t-il entre la Bible et la Parole de Dieu ?
La Bible a été écrite par des hommes qui vivaient dans un contexte culturel différent du nôtre. Comment se fait-il que certains passages nous touchent profondément aujourd’hui ? Je suis convaincu que les auteurs ont été inspirés par l’Esprit Saint. C’est ce même Esprit qui aujourd’hui ouvre notre esprit et notre coeur afin que la Bible devienne Parole de Dieu. Dieu peut nous « parler » de mille façons. L’une d’entre elles est par cet ouvrage qui s’appelle la Bible et qui a traversé les siècles sans « perdre une ride » de son actualité.
La Bible, une source d’eau vive
Pour mieux saisir l’importance du partage biblique pour nous, prenons une image donnée par Jésus Christ lui-même : La Parole de Dieu est comme une source d’eau vive jaillissant en vie éternelle. (Jean 4.14) Cette parole est comme une source qui ne s’épuise jamais. L’eau qui en sort nous désaltère, nous purifie, nous fait grandir dans la foi et nous donne un avant-goût de ce qu’on appelle la vie éternelle, la vie en communion avec Dieu.
Le partage biblique est aussi comme une plongée sous-marine à la recherche d’un trésor. La Bible est ce coffre à trésor caché au fond de la mer, coffre inépuisable mais qui ne livre ses précieux objets que petit à petit.
On a plus de chance de trouver si on cherche à plusieurs, d’où l’importance du petit groupe de partage dans un cadre fraternel et bienveillant.
Comment tisser un lien fraternel à l’Escale ?
Tisser un lien fraternel devient essentiel aujourd’hui. C’est une banalité de dire que le lien social s’est perdu depuis un demi-siècle, et que de nombreux parisiens souffrent de solitude.
Pourquoi l’Escale s’est créée ?
Nombre d’associations se sont créées en bonne partie pour lutter contre la solitude. L’Escale est l’une d’entre elles. Mais elle va plus loin que de tisser le lien social : elle tisse le lien fraternel, au point que certains accueillis qui viennent et reviennent régulièrement à la permanence d’accueil, peuvent dire : l’Escale est comme une famille pour moi, grâce aux liens fraternels que nous avons développés les uns avec les autres.
Qu’est ce qui favorise ce lien fraternel ?
En premier lieu, la manière d’accueillir à l’Escale ressemble à ce qu’un hôte fait habituellement lorsque ses invités viennent par exemple pour un repas, et que certains ne se connaissent pas encore : on fait un tour de table de présentation. C’est toujours le cas à l’Escale : si une personne arrive, on se présente, pour bien montrer que nous sommes sur le même plan : les accueillants (ils sont deux) et l’accueilli. Une 3ème personne arrive ? On refait un tour de table pour se présenter. Une 4ème arrive : on recommence le tour de table. N’est-ce pas nécessaire pour que tout nouvel arrivant se sente bien accueilli ? La 2ème raison pour laquelle les liens fraternels se tissent peu à peu, c’est la bienveillance qui règne à chaque permanence, dont les accueillants font preuve en premier, et qui se propage à tous les participants. Rappelons en dernier lieu que les accueillants de par leur foi chrétienne regardent l’autre comme frère ou soeur en Christ, même si ce dernier n’en pas conscience. Voilà aussi un facteur décisif pour la création de liens fraternels. Il n’est pas rare que les participants de l’après- midi s’échangent leurs coordonnées et, avec le temps, deviennent des amis.
L’Escale répond à un besoin à la fois tenace et tabou dans notre société hyper-individualisée : surmonter le sentiment de solitude. Voir l’article : « je me sens seul(e) il y a quelqu’un ?